Le salaire à vie avec Bernard Friot

La campagne de l’élection présidentielle 2017 a vu surgir un “débat” très animé dans les médias, autour du revenu. “Revenu de base” par ci, “revenu universel” par là, “revenu garanti” ailleurs, 500€ par ci, 750€ par là, “pourquoi donner cet argent ?”, “quel avenir pour les entreprises si les gens sont payé-e-s à rien faire ?”, “qui va financer cette dépense ?”, “remplacer les divers allocations par un revenu de base unique permettrait-il de sortir de la crise ?”, “la Finlande expérimente un revenu garanti, devrions-nous l’imiter ?”…

Dans ce brouhaha médiatique caractéristique des périodes électorale de notre chère démocratie “représentative” (voir nos articles: “Démocratie représentative” mais de qui ? et DSK, Hollande, etc.), chaque candidat-e y va de sa promesse miracle pour glaner quelques bulletins, mais personne ne comprend finalement les enjeux d’une telle agitation. Car au-delà d’une querelle d’épicier sur le montant du revenu mensuel qu’on pourrait accorder à un individu n’étant pas salarié d’une entreprise (publique ou privée), il y a bien des enjeux fondamentaux pour chacun-e d’entre nous.

En effet, si certain-e-s, souhaitent (volontairement…) détourner le fond de ce sujet en le faisant passer pour principalement économique, c’est qu’il est en fait hautement politique. Or, on sait aujourd’hui que permettre au plus grand nombre de se saisir du politique n’est pas à l’ordre du jour pour celles et ceux qui nous gouvernent ou le souhaitent. De plus, lorsqu’il s’agit de politique, et contrairement à l’illusion mathématique que voudrait nous faire gober certain-e-s économistes, il existe une multitude de visions à débattre et non une seule qui serait “pragmatique” ou “réaliste”.

Celle que nous souhaitons introduire ici est basée sur les travaux de Bernard Friot. Ce chercheur en économie puis en sociologie, s’attache depuis le début de sa carrière à réhabiliter l’idée qu’un salariat à vie est possible en dehors des rapports de subordination inhérent au mode de production capitaliste. En 2012, il fonde Réseau Salariat une association d’éducation populaire ayant pour but de diffuser largement les enjeux du salaire. Les deux vidéos ci-dessous synthétisent la vision pour laquelle milite Bernard Friot et son association. Elles nous rappellent comment les cotisations, qui constituent une part (déclinante…) de nos salaires brut, sont un pouvoir (contrairement à l’impôt) qu’il est important de défendre mais surtout d’étendre pour maintenir un rapport de force équitable avec celles et ceux qui bénéficient de notre temps passé à travailler, de nos forces, de nos idées… :

Manifeste : Pour un statut politique du producteur par Réseau Salariat

Le Salaire à Vie (Bernard Friot) par Usul

En 2016, afin de faire partager la manière dont il s’est lui même réapproprié l’histoire du régime général de sécurité sociale, Bernard Friot crée une conférence gesticulée. Au cours d’un récit riche de son expérience personnelle, d’extrait de poèmes (notamment de Louis Aragon) et de rappels historiques souvent galvaudés, l’auteur de L’enjeu du salaire nous rappelle que se recroqueviller sur une défense strict de notre “pouvoir d’achat”, c’est perdre de vue ce que le Conseil National de la Resistance, puis celles et ceux qui ont mis en application son programme, nous ont valeureusement légué :

Conférence gesticulée : A quoi je dis oui de Bernard Friot, mise à jour 2017

A voir sur le Web :

Savoir lire une fiche de paye avec Franck Lepage et Gaël Tanguy

Salaire à vie et revenu de base en débat : Bernard Friot et Baptiste Mylondo

Articles du Monde Diplomatique: En finir avec les luttes défensives, Une autre histoire de la Sécurité sociale, Ni assurance ni charité, la solidarité

Interview de Bernard Friot pour la revue Ballast

Série d’interventions de Bernard Friot captées à Bordeaux par le Raffut

Emanciper le travail, entretiens avec Patrick Zech et Vaincre Macron aux éditions La Dispute

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