“Démocratie représentative” mais de qui ?

Le suffrage par le sort est de la nature de la démocratie. Le suffrage par le choix est de celle de l’aristocratie. Le sort est une façon d’élire qui n’afflige personne; il laisse à chaque citoyen une espérance raisonnable de servir sa patrie.

Montesquieu, L'esprit des lois, 1748

Alors que l’impopularité des représentant-e-s politique élu-e-s selon les règles de suffrage de la Vème République (constitution datant de 1958) intervient de plus en plus tôt au cours des mandats, alors que M. Macron n’a été élu que par 43.6% des inscrit-e-s sur les listes électorales, alors que les recours à des dispositifs permettant de se passer du processus législatif complet se multiplient pour accélérer les “réformes”, la question de l’utilité du vote qui nous est confié à chaque élection ne cesse de rejaillir.

C’est dans ce contexte et lors d’un cycle de conférences organisées depuis 2016 par l’INRIA, que le philosophe et essayiste Jean-Paul Jouary nous propose d’éclairer la notion de représentation politique. Il nous invite à nous intérroger sur notre condition d’électeur-rice-s et à la comparer à celle de citoyen-ne-s d’autres époques et d’autres pays (notamment la Suisse). En s’appuyant sur ses connaissances des penseurs des Lumières tels que Rousseau ou Montesquieu, ou encore sur les écrits de Foucault et Mandela, il nous rappelle en quoi gouverner n’est pas diriger et pourquoi il est urgent de penser des alternatives au modes de délégation politique actuel.

En octobre dernier, ce fut au tour du professeur en science politique Loïc Blondiaux de nous éclairer sur le caractère essentiellement confiscatoire des modes de scrutin actuels (en particulier en France). Après nous avoir rappelé que ces derniers fut obtenus de haute lutte par des groupes sociaux n’ayant aucun intérêt à une répartition des pouvoirs, Loïc Blondiaux consacre une large part de son intervention aux mécanismes politiques alternatifs qu’il serait bon d’expérimenter. Il appuie son propos sur des références à trois ouvrages importants sur le sujet : Principe du gouvernement représentatif de Bernard Manin, Démocratie, histoire politique d’un mot, aux États-Unis et en France de Francis Dupuis-Déri et enfin La légitimité démocratique : impartialité, réflexivité, proximité de Pierre Rosanvallon.

A voir sur le Web :

Qui en veut à la démocratie ? par Usul

Henri Guillemin sur le suffrage universel

Quel système pour demain par Guillaume Deloison

La démocratie représentative, pouvoir du peuple ? – Politikon #5

Cornélius Castoriadis : nous ne sommes pas en Démocratie

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