Penser la technologie avec Bernard Stiegler

La technologie, notamment informatique, colonise nos vies dans ses moindres recoins, jusqu’à fusionner partiellement avec notre corps. Depuis l’avènement du Web à la fin du siècle dernier, le développement des outils techniques n’a jamais connu une telle accélération dans l’histoire de l’humanité et l’automatisation s’étend désormais à des activités que l’on pensait réservées à un esprit humain.

C’est dans ce contexte que depuis le milieu des années 1990, le philosophe Bernard Stiegler nous propose de penser notre rapport à la technologie. Son analyse dans ce domaine, dont il a débuté la synthèse dans La société automatique vol. 1, l’avenir du travail, nous incite à saisir l’importance d’accompagner tout progrès technique d’une réflexion sur son utilisation.

Tout comme les substances en vente dans une pharmacie sont à la fois des remèdes et de puissants poisons, Bernard Stiegler nous aide à sortir de l’impasse que constitue la question “pour ou contre la technique ?”. Selon lui, sans parvenir à comprendre comment elle peut augmenter la fabrication et la transmission des savoirs (savoir faire, savoir vivre, savoir conceptualiser), la technologie risque de désintégrer ce qui fait l’essence de l’Homme. L’enjeu est donc là et il est urgent que chacun se l’approprie sous peine de se voir imposer des visions du progrès guidées par le profit ou la croyance.

Nous appelons prolétarisation le processus par lequel un savoir individuel ou collectif, étant formalisé par une technique, une machine ou un appareil, peut échapper à l’individu – qui perd ainsi ce savoir qui était jusqu’alors son savoir.

Ars Industrialis, Manifeste 2010

Dans une conférence donnée à l’INRIA, où lorsqu’il avait vingt et un ans, il découvrit la programmation informatique lors d’un stage, Bernard Stiegler développe ses idées à l’aide de nombreux exemples très concrets :

A voir sur le Web :

Conférence autour de l’influence de la technologie sur l’apprentissage par Bernard Stiegler

Kevin Slavin sur les algorithmes

Association Ars Industrialis à retrouver dans notre rubrique Lieux, associations, organisations, festivals, réseaux…

Mise en donnée du monde, le déluge numérique

Très humain plutôt que transhumain par Alain Damasio

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