Le temps de cerveau disponible

(…) pour qu’un message publicitaire soit perçu, il faut que le cerveau du téléspectateur soit disponible. Nos émissions ont pour vocation de le rendre disponible : c’est-à-dire de le divertir, de le détendre pour le préparer entre deux messages. Ce que nous vendons à Coca-Cola, c’est du temps de cerveau humain disponible (…).

Patrick Le Lay, Les dirigeants face au changement: baromètre 2004

Avec la déclaration ci-dessus, rapportée dans l’ouvrage Les dirigeants face au changement: baromètre 2004, Patrick Le Lay, alors PDG de la chaine de télévision TF1, exprima avec cynisme une réalité caractéristique du virage pris par la télévision au cours des années 1980. En effet, avec l’apparition des chaines privées, c’est une nouvelle ère qui commence. Les programmes sont désormais soumis à un devoir d’audience, conditionnant les revenus issus de la vente de temps d’antenne à des marques souhaitant bénéficier de l’attention des téléspectacteur-trice-s.

Pour capter cette attention et tenir le public en haleine, les chaines vont petit à petit diffuser de plus en plus d’émissions jouant sur des pulsions humaines difficiles à contrôler. Ainsi vont être mises en scène la peur, la mort, le sexe, le voyeurisme, le narcissisme…etc. C’est au début des années 2000 avec l’avènement de la “télé réalité” que cette stratégie va franchir un nouveau cap en direction de la désinhibition.

En 2010, le documentaire Le temps de cerveau disponible, écrit par Christophe Nick et réalisé par Jean-Robert Viallet, nous propose une analyse fouillée de cette évolution du paysage télévisuel et des conséquences sur les téléspectacteur-trice-s. Avec l’aide des chercheurs Yves Jeanneret, Valérie Patrin-Leclère et du philosophe Bernard Stiegler, nous appréhendons en quoi l’exposition à des programmes exploitant nos pulsions nous fait courir le risque de perdre individuellement et collectivement une part de notre identité :

A voir sur le Web :

Article de l’association ACRIMED : Quand les cerveaux ne pensent pas à la pub, TF1 sort son revolver

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