Surveiller et Punir de Michel Foucault

Le corps qu’on supplicie, l’âme dont on manipule les représentations, le corps qu’on dresse : on a là trois séries d’éléments qui caractérisent les trois dispositifs affrontés les uns aux autres dans la dernière moitié du XVIIIème siècle. […] Trois technologies du pouvoir. […] Le problème est alors celui-ci : comment se fait-il que le troisième se soit finalement imposé ?

Michel Foucault, Surveiller et Punir, II Punition, II. La douceur des peines, 1975

En 1975, c’est bien un séisme qui secoue de nouveau le monde des idées avec la parution de Surveiller et Punir de Michel Foucault. En effet cet ouvrage fait partie de ces rares textes qui concentrent en eux tant d’originalité et qui ouvrent sur tant de questions fondamentales qu’ils font date. Comme pour Le discours sur la servitude volontaire ou encore La société du spectacle, il y eut un avant Surveiller et Punir et un après. Et tout comme ses illustres prédécesseurs, ce texte constitue par la profondeur de son propos un outil d’éducation populaire dont la puissance est probablement égale à la précaution avec laquelle les détenteurs de pouvoir (économique, politique, judiciaire, éducatif, médical…) le manipule et en font la promotion.

C’est pour vous faire goûter au plaisir que nous avons eu à lire ce puits de savoirs que nous en avons reproduit ici de larges extraits. L’article étant de ce fait un peu long, nous souhaitons d’ores et déjà donner un conseil à celles et ceux qui ne seraient pas familier-ère-s de la lecture parfois un peu austère d’essais. Lisez La Zone du Dehors d’Alain Damasio ! Le travail de Michel Foucault dans Surveiller et Punir étant une des bases de ce très bon roman, cela vous permettra de découvrir les concepts en jeu tout en faisant le plein d’aventures et d’émotions.

Dans Surveiller et Punir, Michel Foucault entreprend une analyse historique et épistémologique du système pénal et disciplinaire français (et d’Europe de l’ouest) au tournant du XVIIIème siècle (c’est cette même approche qu’adopte Alain Supiot dans notre article sur le travail). Ce siècle charnière a progressivement vu tomber l’âge classique, ses souverains, son économie et ses rapports sociaux féodaux au profit d’une modernité capitaliste, bourgeoise, portée par les pensées des “Lumières” et le progrès technique. Foucault analyse de manière méticuleuse comment cette révolution complète a emporté avec elle la manière dont on identifie et dont on punit celles et ceux qui ne se soumettraient pas au pouvoir.

« […] Un despote imbécile peut contraindre des esclaves par des chaines de fer ; mais un vrai politique les lie bien plus fortement par la chaîne de leurs propres idées ; c’est au plan fixe de la raison qu’il en attache le premier bout ; lien d’autant plus fort que nous en ignorons la texture et que nous le croyons notre ouvrage ; le désespoir et le temps rongent les liens de fer et d’acier, mais il ne peut rien contre l’union habituelle des idées, il ne fait que la resserrer davantage ; et sur les molles fibres du cerveau est fondée la base inébranlable des plus fermes Empires ».

Michel Foucault, Surveiller et Punir, II Punition, I. La punition généralisée, 1975 (citation de J.M. Servan, Discours sur l’administration de la justice criminelle, 1767)

Dans l’optique d’un questionnement historique, le premier chapitre du livre est un exposé intéressant sur l’usages des supplices à l’âge classique et leur remise en cause : intérêt de la mise en scène de la cruauté faite au corps du coupable comme représentation d’un pouvoir concentré et démesuré, sympathies possibles de la foule pour les coupables torturé-e-s, rejet de la violence physique crue du fait du penchant humaniste des “Lumières”…etc. Cependant ce sont les chapitres suivants et en particulier les chapitres III. Discipline et IV. Prison qui nous ont le plus marqués par les outils de compréhension de la société actuelle dont ils regorgent.

La discipline fabrique ainsi des corps soumis et exercés, des corps « dociles ». La discipline majore les forces du corps (en termes économiques d’utilité) et diminue ces mêmes forces (en termes politiques d’obéissance). D’un mot : elle dissocie les pouvoir du corps ; elle en fait d’une part une « aptitude », une « capacité » qu’elle cherche à augmenter ; et elle inverse d’autre part l’énergie, la puissance qui pourrait en résulter, et elle en fait un rapport de sujétion stricte. Si l’exploitation économique sépare la force et le produit du travail, disons que la coercition disciplinaire établit dans le corps le lien contraignant entre une aptitude majorée et une domination accrue.

Michel Foucault, Surveiller et Punir, III Discipline, I. Les corps dociles, 1975

En s’appuyant sur de nombreuses archives, Michel Foucault montre comment les augmentations parallèles et soudaines de la population, de l’accumulation de capital, des moyens de production (dont il faut maximiser la productivité) ainsi que le développement de nouveaux savoirs vont faire glisser un système pénal basé sur l’enquête (inspirée par la biologie naissante) et la punition exceptionnelle vers un système disciplinaire basé sur l’examen (inspiré par les sciences humaines, la psychanalyse, la psychologie) et le contrôle permanent.

Les « Lumières » qui ont découvert les libertés ont aussi inventé les disciplines.

Michel Foucault, Surveiller et Punir, III Discipline, III. Le panoptisme, 1975

Le pouvoir disciplinaire en effet est un pouvoir qui, au lieu de soutirer et de prélever, a pour fonction majeure de « dresser » ; ou sans doute, de dresser pour mieux prélever et soutirer d’avantage. Il n’enchaîne pas les forces pour les réduire ; il cherche à les lier de manière, tout ensemble, à les multiplier et à les utiliser. Au lieu de plier uniformément et par masse tout ce qui lui est soumis, il sépare, analyse, différencie, pousse ses procédés de décomposition jusqu’aux singularités nécessaires et suffisantes. […] La discipline « fabrique » des individus ; elle est la technique spécifique d’un pouvoir qui se donne les individus à la fois pour objets et pour instrument de son exercice. Ce n’est pas un pouvoir triomphant qui à partir de son propre excès peut se fier à sa surpuissance ; c’est un pouvoir modeste, soupçonneux, qui fonctionne sur le mode d’une économie calculée, mais permanente.

Michel Foucault, Surveiller et Punir, III Discipline, II. Les moyens du bon dressement, 1975

Que ce soit dans l’organisation de l’armée et les techniques de guerre, dans le développement des écoles et de la pédagogie, dans le traitement des épidémies, le diagnostic des malades et l’édification des hôpitaux, dans le contrôle policier, les poursuites judiciaires et l’enferment des coupables, le XVIIIème siècle inaugure de nouvelles tendances qui soutiennent encore aujourd’hui la majorité des institutions qui nous entourent.

A l’atelier, à l’école, à l’armée sévit toute une micropénalité du temps (retards, absences, interruptions des tâches), de l’activité (inattention, négligence, manque de zèle), de la manière d’être (impolitesse, désobéissance), des discours (bavardage, insolence), du corps (attitudes « incorrectes », gestes non conformes, malpropreté), de la sexualité (immodestie, indécence). En même temps est utilisée, à titre de punitions, toute une série de procédés subtils, allant du châtiment physique léger, à des privations mineures et à des petites humiliations. Il s’agit à la fois de rendre pénalisables les fractions les plus ténues de la conduite, et de donner une fonction punitive aux éléments en apparence indifférents de l’appareil disciplinaire : à la limite, que tout puisse servir à punir la moindre chose ; que chaque sujet se trouve pris dans une universalité punissable-punissante.

Michel Foucault, Surveiller et Punir, III Discipline, II. Les moyens du bon dressement, 1975

Relire Surveiller et Punir au XXIème siècle nous permet de repérer les mécanismes de domination à l’oeuvre dans nos sociétés et de comprendre qu’ils sont le résultat de deux siècles d’ajustement et de correction. Alors qu’à sa parution en 1975, Internet, les smartphones et autres objets connectés en permanence, la vidéosurveillance généralisée, les capacités de contrôle et de fichage individuel étaient encore peu ou pas développés, il est intéressant de voir comment ces éléments trouvent aisément leur place dans le système disciplinaire que les gouvernants successifs ont participé à bâtir.

L’appareil disciplinaire parfait permettrait à un seul regard de tout voir en permanence. Un point central serait à la fois source de lumière éclairant toutes choses, et lieu de convergence pour tout ce qui doit être su : œil parfait auquel rien n’échappe et centre vers lequel tous les regards sont tournés.

Michel Foucault, Surveiller et Punir, III Discipline, II. Les moyens du bon dressement, 1975

Ainsi Michel Foucault, sans le savoir à l’époque, nous met en garde face aux dernières tendances du pouvoir. Il nous rappelle comment la distinction, le classement, l’atomisation, la connaissance complète des individus sont devenues les bases du système par lequel se maintient la paix et la santé dans nos démocraties représentatives modernes. Idéalisée en 1780 de manière architecturale par le Panoptique de Jeremy Bentham, cette vision, qui devrait, nous semble-t-il, soulever quelques inquiétudes au regard des libertés qu’elle piétine, a trouvé dans le récent progrès technique un nouveau souffle.

Et par le jeu de cette quantification, de cette circulation des avances et des dettes, grâce au calcul permanent des notations en plus ou en moins, les appareils disciplinaires hiérarchisent les uns par rapport aux autres les « bons » et les « mauvais » sujets. A travers cette micro-économie d’une pénalité perpetuelle, s’opère une différenciation qui n’est pas celle des actes, mais des individus eux-mêmes, de leur nature, de leurs virtualités, de leur niveau ou de leur valeur.

Michel Foucault, Surveiller et Punir, III Discipline, II. Les moyens du bon dressement, 1975

Le pouvoir disciplinaire, lui, s’exerce en se rendant invisible ; en revanche il impose à ceux qu’il soumet un principe de visibilité obligatoire. Dans la discipline, ce sont les sujets qui ont à être vus. Leur éclairage assure l’emprise du pouvoir qui s’exerce sur eux. C’est le fait d’être vu sans cesse, de pouvoir toujours être vu, qui maintient dans son assujettissement l’individu disciplinaire. Et l’examen, c’est la technique par laquelle le pouvoir au lieu d’émettre les signes de sa puissance, au lieu d’imposer sa marque à ses sujets, capte ceux-ci dans un mécanisme d’objectivation.

Michel Foucault, Surveiller et Punir, III Discipline, II. Les moyens du bon dressement, 1975

En lisant ces lignes et celles qui suivent, comment ne pas avoir envie de reposer les questions entourant la quasi-disparition des possibilités d’anonymat et le plaisir que nous prenons à dévoiler des détails intimes de nos vies sur des plateformes privés ou accessibles aux autorités ? Comment ne pas reprendre le goût pour la réappropriation de nos données personnelles disséminées sur les serveurs des multinationales ou des Etats ?

Pendant longtemps l’individualité quelconque – celle d’en bas et de tout le monde – est demeurée au-dessous du seuil de description. Etre regardé, observé, raconté dans le détail, suivi au jour le jour par une écriture ininterrompue était un privilège. La chronique d’un homme, le récit de sa vie, son historiographie rédigée au fil de son existence faisaient partie des rituels de sa puissance. Or les procédés disciplinaires retournent ce rapport, abaissent le seuil de l’individualité descriptible et font de cette description un moyen de contrôle et une méthode de domination. Non plus monument pour une mémoire future, mais document pour une utilisation éventuelle. […] La vie soigneusement collationnée des malades mentaux ou des délinquants relève, comme la chronique des rois ou l’épopée des grands bandits populaires, d’une certaine fonction politique de l’écriture ; mais dans une toute autre technique du pouvoir.

Michel Foucault, Surveiller et Punir, III Discipline, II. Les moyens du bon dressement, 1975

Ce qui désormais s’impose à la justice pénale comme son point d’application, son objet « utile », ce ne sera plus le corps du coupable dressé contre le corps du roi ; ce ne sera pas non plus le sujet de droit d’un contrat idéal ; mais bien l’individu disciplinaire. […] Le point idéal de la pénalité aujourd’hui serait la discipline indéfinie : un interrogatoire qui n’aurait pas de terme, une enquête qui se prolongerait sans limite dans une observation minutieuse et toujours plus analytique, un jugement qui serait en même temps la constitution d’un dossier jamais clos, la douceur calculée d’une peine serait entrelacée à la curiosité acharnée d’un examen, une procédure qui serait à la fois la mesure permanente d’un écart par rapport à une norme inaccessible et le mouvement asymptotique qui contraint à la rejoindre à l’infini.

Michel Foucault, Surveiller et Punir, III Discipline, III. Le panoptisme, 1975

Surveiller et Punir se conclut en analysant comment la prison, ou plutôt l’ensemble du système de contrôle des individus (dont la médecine, la psychologie par exemple font partie), produit et entretien la délinquance. Quant à la justice, en se référant en permanence à une norme de plus en plus intrusive et en définissant la distance à laquelle chacun-e doit s’en tenir, Foucault nous dit qu’elle devient un outil rendant légal le contrôle toujours plus strict du délinquant.

Mais on peut déjà noter une chose : la justice pénale définie au XVIIIème siècle par les réformateurs traçait deux lignes d’objectivation possible du criminel, mais deux lignes divergentes : l’une, c’était la série des « monstres », moraux ou politiques, tombés hors du pacte social ; l’autre, c’était celle du sujet juridique requalifié par la punition. Or le « délinquant » permet justement de joindre les deux lignes et de constituer sous la caution de la médecine, de la psychologie ou de la criminologie, un individu dans lequel l’infracteur de la loi et l’objet d’une technique savante se superposent – à peu près. Que la greffe de la prison sur le système pénal n’ait pas entraîné de réaction violente de rejet est dû sans doute à beaucoup de raisons. L’une d’elles, c’est qu’en fabricant de la délinquance, elle a donné à la justice criminelle un champ d’objets unitaire, authentifié par des « sciences » et qu’elle lui a ainsi permis de fonctionner sur un horizon général de « vérité ».

Michel Foucault, Surveiller et Punir, IV Prison, I. Des institutions complètes et austères, 1975

De sorte qu’il faudrait parler d’un ensemble dont les trois termes (police-prison-délinquance) prennent appui les uns sur les autres et forment un circuit qui n’est jamais interrompu. La surveillance policière fournit à la prison les infracteurs que celle-ci transforme en délinquants, cibles et auxiliaires des contrôles policiers qui renvoient régulièrement certains d’entre eux à la prison.
Il n’y a pas une justice pénale destinée à poursuivre toutes les pratiques illégales et qui, pour ce faire, utiliserait la police comme auxiliaire, et comme instrument punitif la prison, quitte à laisser dans le sillage de son action le résidu inassimilable de la “délinquance”. Il faut voir dans cette justice un instrument pour le contrôle différentiel des illégalismes. Par rapport à lui, la justice criminelle joue le rôle de caution légale et de principe de transmission. Elle est un relais dans une économie générale des illégalismes, dont les autres pièces sont (non pas au-dessous d’elle, mais à côté d’elle) la police, la prison, la délinquance.

Michel Foucault, Surveiller et Punir, IV Prison, II. Illégalismes et délinquance, 1975

Michel Foucault sur la justice et la police (Antenne 2, 1977, source : ina.fr)

Michel Foucault propose également une analyse politique de la prison (notamment de ses échecs dénoncés depuis au moins 1850…) et de son produit la délinquance. Le système de contrôle policier et pénitencier permet de maintenir une partie de la population ayant des raisons de désobéir, dans un illégalisme localisé, limité et superficiel, n’attaquant pas les fondements du pouvoir en place. Ceci résonne fortement avec la situation actuelle des banlieues françaises pauvres. Ces zones subissant de fortes inégalités économiques, et qui de ce fait pourraient être les premières à se soulever contre les politiques ayant mené à cela, sont fortement quadrillées par la police et connue pour abrité une délinquance importante, mais une délinquance “utile” et politiquement inoffensive.

Mais peut-être faut-il retourner le problème et se demander à quoi sert l’échec de la prison ; à quoi sont utiles ces différents phénomènes que la critique, continûment, dénonce : maintien de la délinquance, induction de la récidive, transformation de l’infracteur d’occasion en délinquant d’habitude, organisation d’un milieu fermé de délinquance. […] Il faudrait alors supposer que la prison et d’une façon générale, sans doute, les châtiments ne sont pas destinés à supprimer les infractions ; mais plutôt à les distinguer, à les distribuer, à les utiliser ; qu’ils visent, non pas tellement à rendre dociles ceux qui sont prêts à transgresser les lois, mais qu’ils tendent à aménager la transgression des lois dans une tactique générale des assujettissements. […] Bref, la pénalité ne « réprimerait » pas purement et simplement les illégalismes ; elle les « différencierait », elle en assurerait l’ « économie » générale. Et si on peut parler de justice de classe ce n’est pas seulement parce que la loi elle-même ou la manière de l’appliquer servent les intérêts d’une classe, c’est que toute la gestion différentielle des illégalismes par l’intermédiaire de la pénalité fait partie de ces mécanismes de domination.

Michel Foucault, Surveiller et Punir, IV Prison, II. Illégalismes et délinquance, 1975

Il est possible en outre d’aiguiller cette délinquance repliée sur elle-même vers les formes d’illégalismes qui sont les moins dangereuses : maintenu par la pression des contrôles à la limite de la société, réduit à des conditions d’existences précaires, sans lien avec une population qui aurait pu les soutenir (comme cela se faisait naguère pour les contrebandiers ou certaines formes de banditisme), les délinquants se rabattent fatalement sur une criminalité localisée, sans pouvoir d’attraction, politiquement sans péril et économiquement sans conséquence.

Michel Foucault, Surveiller et Punir, IV Prison, II. Illégalismes et délinquance, 1975

Le combat que semble mener le pouvoir pour lutter contre la délinquance ne semble jamais aussi acharné que lorsqu’il concerne des individus qui contestent son maintien. On pense par exemple à la relative impunité de certains protagonistes actifs de la crise financière de 2008 comparée à la pression judiciaire et policière (facilité par des lois d’exception) que subissent de simples opposant-e-s politiques : “affaire de Tarnac“, “cellule 34“,  militants écologistes, musulmans… Comment dès lors ne pas voir une faille dans le terme même de justice ?

La délinquance fonctionne comme un observatoire politique. Les statisticiens et les sociologues en ont fait usage à leur tour, bien après les policiers.

Michel Foucault, Surveiller et Punir, IV Prison, II. Illégalismes et délinquance, 1975

L’organisation d’un illégalisme isolé et refermé sur la délinquance n’aurait pas été possible sans le développement des contrôles policiers. Surveillance générale de la population, vigilance « muette, mystérieuse, inaperçue… c’est l’œil du gouvernement incessamment ouvert et veillant indistinctement sur tous les citoyens, sans pour cela les soumettre à aucune mesure de coercition quelconque… Elle n’a pas besoin d’être écrite dans la loi. (citation de A. Bonneville, Des institutions complémentaire du système pénitencier, 1847) »

Michel Foucault, Surveiller et Punir, IV Prison, II. Illégalismes et délinquance, 1975

Enfin, nous ne pouvons nous empêcher de citer ce dernier extrait qui aborde le rôle actif que peuvent avoir certains médias dès qu’il s’agit de renforcer un dispositif de domination.

A cela s’ajoutait une longue entreprise pour imposer à la perception qu’on avait des délinquants une grille bien déterminée : les présenter comme tout proches, partout présents et partout redoutables. C’est la fonction du fait divers qui envahit une partie de la presse et qui commence à avoir ses journaux propres. Le fait divers criminel, par sa redondance quotidienne, rend acceptable l’ensemble des contrôles judiciaires et policiers qui quadrillent la société ; il raconte au jour le jour une sorte de bataille intérieure contre l’ennemi sans visage ; dans cette guerre, il constitue le bulletin quotidien d’alarme ou de victoire.

Michel Foucault, Surveiller et Punir, IV Prison, II. Illégalismes et délinquance, 1975

Pour celles et ceux qui veulent approfondir leurs connaissances au sujet de Surveiller et Punir et de Michel Foucault, nous vous conseillons (sans bien entendu prétendre à l’exhaustivité) la vidéo suivante ainsi que les quelques liens ci-dessous :

A voir sur le Web :

Très bon article comprenant des interventions audio d’Alain Damasio

Article sur Foucault dans la revue Ballast

6 heures contre la surveillance : combattre pour nos libertés

Textes et documents relatifs à l’affaire de Tarnac

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